Faire découvrir « Bambou au pays des émotions ». Expérience d’un atelier avec des enfants de maternelle.

J’anime de temps en temps des ateliers d’expression théâtrale pour les enfants (maternelle et primaire). Il y a quelques jours, je les retrouvais pour la 4ème séance. Ils ont entre 4 et 6 ans et formaient au départ un petit groupe de 10.

Nous avons commencé cette fois-ci à lire Bambou et à parler des émotions. Les 3 séances précédentes ont été consacrées à essayer de mettre en place avec eux des petits rituels sous forme de jeu, pour essayer de les calmer un peu. Ils sont très agités. Je les retrouve après une journée d’école, la plupart ne font plus la sieste et lorsqu’ils arrivent dans la salle l’agitation, l’excitation ou la fatigue sont fortes. Comme je ne dispose que d’une demi-heure (ce qui est trop peu pour installer une fréquence un peu plus attentive), je passe déjà la moitié du temps à tenter de faire retomber un peu cette énergie « débordante » pour essayer de commencer déjà à s’assoir ensemble, à s’écouter, puis à être attentif.

J’ai commencé les autres séances en les laissant d’abord courir en tout sens, puis en observant ce qui se passait si je faisais résonner le son d’un petit bol tibétain que j’avais apporté avec moi. Assez vite, les enfants se rassemblent autour du bol, mais l’attention est très courte, l’agitation revient vite. Je leur propose quelques jeux les yeux bandés, j’ai pu remarquer qu’en « supprimant » un sens par exemple, cela mobilise l’attention différemment. Elle est comme recentrée on dirait. Nous gardons le code du bol tibétain comme signe de rassemblement en cercle. Ça fonctionne bien.

Les deux autres séances, ils ne sont plus que 7 enfants, (3 d’entre eux ne souhaitent plus venir : « ça ne bouge pas assez pour eux », me dit l’ATSEM de l’école).

Je reconnais que l’ambiance est déjà un peu plus calme, mais l’excitation est encore trop forte (de mon point de vue) pour essayer de parler des émotions ensemble.

Pour cette 4ème séance, je décide d’apporter le livre Bambou. Les enfants sont fatigués, certains sont allongés d’autres grimpent partout. Je fais résonner le bol. Ils se rassemblent en cercle assez vite. Je sens que c’est possible. « Ce soir, nous allons parler des émotions, est ce que vous connaissez des émotions ? »

Plusieurs me répondent qu’ils n’en connaissent pas, qu’ils ne savent pas ce que c’est….

Je leur montre Bambou. Aussitôt les enfants changent de position et semblent se mettre dans la position qu’ils adoptent pour écouter une histoire. Des pouces vont dans la bouche. Des doudous ne sont pas très loin. Le silence s’installe. Un petit moment magique, une fréquence que je reconnais en moi.

Je leur présente chaque émotion. Et à chaque fois, je leur demande le souvenir d’un moment où ils ont ressenti cette émotion. Tout le monde parle. Je fais résonner le bol tibétain pour essayer de ramener un peu de silence et d’écoute. Un par un, les enfants partagent leur souvenir. Je leur demande à chaque fois comment ils ressentaient cette émotion dans leur corps ou dans leur cœur. Beaucoup répondent facilement à cette question. ( » mal de ventre, le cœur tout serré, des chatouilles, comme un boulet de canon qui va vite,… »), je leur demande ce qu’ils pensaient dans leur tête à ce moment là ( ils ne savent pas répondre : peut-être qu’à cet âge ils vivent un peu plus dans l’instant et que revenir sur un évènement passé est trop difficile).

Nous poursuivons la lecture de Bambou et nous faisons l’exercice de l’attention. Fermer les yeux et sentir la respiration entrer et sortir par son nez. Puis je leur dit maintenant vous allez essayer d’être attentif à vos pieds, à vos mains,…

Certains décrochent assez vite, mais trois d’entre eux restent très attentifs pendant ce moment-là.

La séance se terminent. Nous finissons par le petit jeu : « laissons le courant circuler entre nous ». Il s’agit de se donner la main, de former un cercle et de se faire passer une petite impulsion de la main qu’on donne à son voisin de gauche qui le fait passer à son voisin de gauche, etc. Les premières fois, nous n’avons jamais réussi à faire un tour complet avec ce jeu mais hier soir nous avons réussi. L’attention était plus présente cette fois-ci.

C’était un beau moment. Ça demande de mon côté beaucoup d’attention et de disponibilité. Toujours venir avec quelques idées mais pas d’objectif à atteindre ce qui n’est jamais très facile en ce qui me concerne. Il faut quand même porter en soi l’intention de les amener sur ce chemin d’exploration des émotions, sinon rien ne se passe, la séance se déroule dans une sorte de « gestion du temps et de l’agitation » et aucune attention n’a été portée sur les petites occasions d’un instant pour ramener un peu d’attention et d’écoute intérieure.

Je vais poursuivre à la rentrée, cette exploration de la vie intérieure pendant 6 semaines, tous les mardis avec cette fois-ci un groupe d’enfant du primaire. Je me servirai du livre Mes émotions des visiteuses inattendues comme support pour nos échanges.

A suivre….

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