Le journal de Lola 2

Février 2017

Colère

Aujourd’hui, c’est moi qui me suis mise en colère contre Lola qui, ce matin-là, manifestait beaucoup d’oppositions impétueuses.

Ma colère a débordé pendant quelques instants en direction de ma petite-fille, puis me surprenant « en pleine action », j’ai stoppé rapidement toute manifestation extérieure et ramené mon attention en moi.
Nous étions toutes les deux dans la chambre de Lola. Je me suis assise sur son lit et lui ai dit : « Je me suis mise en colère contre toi et je sens que Madame Colère est encore dans mon cœur, alors je vais faire le petit chemin avec elle. »
Elle s’est assise tout contre moi, sans un mot, et nous sommes restées silencieuses toutes les deux pendant tout le temps de mon accompagnement intérieur. A la fin, j’ai ajouté :   « Ça y est, Madame Colère est partie. »
Elle n’a fait aucun commentaire sur cet épisode, moi non plus, et nous avons repris le fil de nos activités là où nous l’avions laissé.
Mais j’ai pu constater que le bénéfice de ce partage en direct a été double : pour moi bien évidemment mais pour Lola également car, suite à cet instant de communion, elle s’est apaisée, elle aussi, et ses manifestations orageuses du matin ont complètement disparu.

Avril 2017
L’orage.

Dehors, l’orage gronde. Un éclair et un coup de tonnerre plus forts que les autres me font sursauter et m’écrier : « Oh, j’ai eu peur ! » Lola qui était dans les parages s’approche de moi et me confie tout doucement comme un secret: « Tu sais mamie, on a la même chose toutes les deux dans notre cœur. Moi aussi j’ai eu peur. »
Et elle a posé ma main sur son cœur pour que je sente comment il battait fort.

La balançoire

Cet après-midi-là, nous rentrons en voiture après plusieurs heures passées dans une aire de jeux pour enfants. Lola semble fatiguée et, sans qu’aucun évènement particulier n’ait attiré mon attention, elle manifeste de la mauvaise humeur. En regardant dans le rétroviseur, je constate que ses sourcils sont froncés et sa bouche plissée vers le bas, ses yeux lancent des éclairs.

Au bout d’un moment, je lui demande ce qu’elle sent dans son cœur. « Je n’ai pas envie de parler ! » crie-t-elle. Je la laisse et après quelques minutes, j’enclenche le CD de Bambou que j’ai dans la voiture. Elle crie à nouveau : « Je ne veux pas de CD ! » J’arrête le CD et nous arrivons à la maison en silence toutes les deux.

Elle va alors s’installer sur une balancelle dans le jardin et exige, en criant et en tempêtant, que quelqu’un vienne la pousser. Je m’approche et lui dis qu’il y a très peu de chance que quelqu’un l’écoute et fasse ce qu’elle demande si elle continue de crier de cette façon. Là, elle revient vers la maison où je suis rentrée et se met à pleurer contre le mur. Je la laisse un moment puis je m’approche en lui demandant ce qui se passe dans son cœur. Elle continue à pleurer et je lui demande si elle veut faire comme Bambou.

Toujours en larmes, elle rentre, monte dans la mezzanine où se trouve la frise et, en silence, pose toutes les figurines de la Tristesse sur le cœur de Bambou. Elle reste un moment à les manipuler. Je suis près d’elle, mais silencieuse. Au bout d’un certain temps, je lui demande à nouveau ce qu’elle sent dans son cœur.                                                           « C’est encore Madame Tristesse qui est là », répond-elle. Nouveau temps de silence pendant lequel elle continue à tourner les figurines de la Tristesse dans tous les sens. Puis, d’un seul coup, elle les enlève toutes du cœur de Bambou et les remplace par celles de la Joie. Elle me regarde avec un grand sourire, je sens que la vague intérieure est passée et que nous pouvons à nouveau parler.
Je lui demande si dans la voiture, tout à l’heure, c’était déjà de la Tristesse qu’elle ressentait. « Non, dit-elle avec beaucoup d’assurance, c’était Madame Colère qui était là. »

L’enseignement de cet épisode :
Lola a très bien fait la distinction entre le passage de la colère en elle et celui de la tristesse.
Elle a opposé un refus très net à mon intervention dans un premier temps mais était néanmoins tout à fait consciente de ce qu’elle vivait à ce moment-là.
A nouveau, elle n’a pas évoqué les causes des émotions qui l’ont traversée.
Est-ce que l’automatisme de chercher une raison ou un coupable à l’extérieur n’est pas encore installé du fait de sa jeunesse ?

Est-ce que la façon de l’interroger, « Qu’est-ce que tu sens dans ton cœur ? » l’amène directement à son émotion sans autre détour ?

Peut-être un peu des deux……

Publicités

Une réflexion sur « Le journal de Lola 2 »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s